Le symbolisme du pont est très répandu ; il manifeste la difficulté du passage dans l'au-delà. Le pont chinvat, qui signifie le « diviseur » ou « trieur » dans la tradition iranienne, est un passage périlleux, large pour les justes, étroit comme une lame de rasoir pour les impies. Dans l'islam, ce pont, plus fin qu'un cheveu et plus tranchant qu'un sabre, s'appelle tantôt « la voie de l'enfer », tantôt « la voie droite » que suivent les croyants. Seuls les élus le traversent, les damnés sombrent dans l'enfer... L'élu franchit le pont plus ou moins vite selon la qualité de ses actions ou la force de sa foi. Il est remarquable que le titre de pontifex, qui fut celui de l'empereur romain et demeure celui du pape, signifie « constructeur de ponts ». Le pontife est à la fois le constructeur et le pont lui-même, comme médiateur entre le Ciel et la Terre. Bouddha est aussi considéré comme le Grand Pont. Lieu du passage, le pont figure l'inévitable épreuve morale qui place l'homme devant l'obligation de choisir. Son choix le damne ou le sauve. C'est ce qu'exprime un autre symbole du jugement, la balance. Dans l'Egypte ancienne, le défunt devait faire admettre son innocence devant le tribunal d'Osiris ; la pesée du c½ur, celui-ci révélant sa légèreté ou sa lourdeur devant la vérité, témoignait pour ou contre le défunt. Ce thème sera repris dans l'iconographie chrétienne, où l'archange saint Michel surveille les plateaux de la balance. Au Tibet, ceux-ci sont respectivement chargés de cailloux blancs et de cailloux noirs qui répartissent les bonnes et les mauvaises actions. En Perse, l'ange Rashnu pèse les esprits sur le pont du destin. La vie humaine est ainsi passée au fil de l'épée, mesurée à l'aune des principes divins du vrai et du bien : celui qui aura emprunté la bonne voie sera justifié car les actes de l'homme ici-bas engagent son avenir céleste
L'échelle du salut
L'échelle est un symbole universel de l'ascension graduelle de l'âme, dont le terme consiste en la vision béatifique : elle apparut à Mahomet lorsque celui-ci fut ravi aux Cieux. Sa verticalité met en rapport les différents mondes de l'au-delà. Dans de nombreuses traditions, en effet, l'au-delà possède une structure bipolaire et stratifiée. Dans la mythologie sumérienne, le christianisme, l'islam, l'hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme et les religions précolombiennes, le paradis est associé aux plus hautes régions du Ciel tandis que les régions infernales sont souterraines. La psychologie contemporaine, en particulier à travers l'oeuvre de Jung, a mis en lumière le rôle des symboles dans l'évolution psychique individuelle et l'édification des sociétés humaines. Les représentations symboliques de l'enfer et du paradis rendent compte des processus mentaux à l'oeuvre dans la conscience des mourants. Elles semblent correspondre au conflit mis en évidence par Jung entre le Moi, la conscience limitée, et le Soi, qui constitue la totalité psychique d'où émanent les images symboliques. Tandis que le Moi tend à rester prisonnier des conditionnements multiples de l'existence, le Soi vise à réaliser les aspirations inconscientes du sujet en quête d'une plus grande plénitude de vie. Ainsi ceux qui n'arrivent pas à gravir l'échelle du salut sont hantés par le souvenir de leurs mauvaises actions : ils perdent l'équilibre, chutent et deviennent la proie facile des démons du tourment et de la culpabilité ; cette souffrance morale est symbolisée par le feu dévorant de l'enfer. L'engloutissement dans la gueule du monstre sanctionne l'incapacité de l'âme à se purifier de la mémoire du passé. Inversement, la rencontre avec des entités lumineuses toujours bienveillantes, anges ou divinités, signifie que les âmes ayant surmonté les obstacles psychologiques peuvent libérer des forces ascensionnelles et s'ouvrir à l'expérience de la transcendance.
L'échelle du salut
L'échelle est un symbole universel de l'ascension graduelle de l'âme, dont le terme consiste en la vision béatifique : elle apparut à Mahomet lorsque celui-ci fut ravi aux Cieux. Sa verticalité met en rapport les différents mondes de l'au-delà. Dans de nombreuses traditions, en effet, l'au-delà possède une structure bipolaire et stratifiée. Dans la mythologie sumérienne, le christianisme, l'islam, l'hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme et les religions précolombiennes, le paradis est associé aux plus hautes régions du Ciel tandis que les régions infernales sont souterraines. La psychologie contemporaine, en particulier à travers l'oeuvre de Jung, a mis en lumière le rôle des symboles dans l'évolution psychique individuelle et l'édification des sociétés humaines. Les représentations symboliques de l'enfer et du paradis rendent compte des processus mentaux à l'oeuvre dans la conscience des mourants. Elles semblent correspondre au conflit mis en évidence par Jung entre le Moi, la conscience limitée, et le Soi, qui constitue la totalité psychique d'où émanent les images symboliques. Tandis que le Moi tend à rester prisonnier des conditionnements multiples de l'existence, le Soi vise à réaliser les aspirations inconscientes du sujet en quête d'une plus grande plénitude de vie. Ainsi ceux qui n'arrivent pas à gravir l'échelle du salut sont hantés par le souvenir de leurs mauvaises actions : ils perdent l'équilibre, chutent et deviennent la proie facile des démons du tourment et de la culpabilité ; cette souffrance morale est symbolisée par le feu dévorant de l'enfer. L'engloutissement dans la gueule du monstre sanctionne l'incapacité de l'âme à se purifier de la mémoire du passé. Inversement, la rencontre avec des entités lumineuses toujours bienveillantes, anges ou divinités, signifie que les âmes ayant surmonté les obstacles psychologiques peuvent libérer des forces ascensionnelles et s'ouvrir à l'expérience de la transcendance.

